Bien-Etre et Interconnectivité

Le niveau croissant de notre interconnexion via de multiples réseaux et le développement de l’économie de la fonctionnalité avec la disparition annoncée de la propriété privée, nous amène à la réflexion prospective suivante : que deviendra, dans un proche avenir, la notion de la sphère privée ?

Il est maintenant banal de parler de réseaux et de notre niveau de reliance. Prenons le temps de constater la progression fulgurante de ces réseaux dits sociaux, du « privé (facebook and co), au professionnel (viadeo and co) en passant par la nouvelle tendance RSE pour les entreprises, (à ne pas confondre avec la responsabilité sociale et environnementale).

De multiples strates de réseaux coexistent entre ces réseaux sociaux et tous les SI interconnectés travaillant sur des bases de données, des entreprises (du privée au public), de l’état et des états entre eux. Notons qu’aujourd’hui tous ces réseaux vivent en indépendance relative, mais pour comment de temps encore?

Rajoutons à cela un caractère dynamique. Au travers des fonctionnalités GPS des Smartphones, chaque l’individu est maintenant localisable.

Il s’ensuit que chaque individu est ou deviendra un nœud informationnel localisable.

La question du devenir de la sphère privée prend donc tout son sens.

L’histoire ne s’arrête pas la, car cette couche info-relationnelle offre un champ d’innovations inimaginables, avec des intentions plus ou moins discutables quant au bien-être des individus.

Commençons par une vision positive, via des actions de type « push ». Les apéros géants en sont une expression ; des groupes de pression au travers de communautés sont possibles, impactant le pouvoir des « fournisseurs ». L’espace démocratique est déjà et aussi touché. Il suffit d’observer l’intrusion du 2.0 dans les élections présidentielles. En extrapolant, nous pourrions même prédire la disparition de la représentation formelle de l’état et des appareils politiques au profit d’une vision délocalisée, communautaire et trans-étatique.

Ainsi, l’individu connecté prend (rait) une part active dans la « société » et ainsi maintient (drait) une forme de liberté … d’actions : une forme de démocratie revisitée.

Des actions de type « pull » peuvent être plus liberticides. Dans une logique de business, l’individu passe du stade de « client » à « objet », où les fournisseurs (re) prennent le pouvoir. Observons les actions de marketing ciblé stimulant nos réflexes d’achat et toutes les méthodes comportementales en vigueur. Notre dépendance relationnelle offre ainsi un champ de pression et d’actions très vaste.

Introduisons maintenant la dimension de l’économie fonctionnelle. Nous observons que le principe de la propriété, c’est à dire le fait de posséder quelque chose en son nom, est en train de disparaître au profit d’une fonctionnalité rémunérée. Et ceci s’applique aussi bien à l’individu qu’à l’entreprise.

Citons quelques exemples récents : les VLS (Vélolib, Autolib, ..), en informatique le Saas, le Cloud, … Les situations économiques très tendues vont limiter notre « pouvoir d’acheter » et nous allons être amenés à optimiser nos ressources par une « juste » utilisation des biens.

Ce coté positif de la maitrise de nos dépenses (liberté d’action) va être contre balancer par, de nouveau, le pouvoir des fournisseurs. Ces services risquent d’être plus chers, notre niveau de dépendance va augmenter et des risques d’intrusion dans la sphère privée sont identifiables.

Nous pourrions  aussi compléter ce tableau par toutes les actions  relevant des logiques sécuritaires et des mécanismes de précautions.

Ainsi, l’homme interconnecté est à la fois libre et prisonnier. Son intimité est menacée et son bien-être par conséquence. Et sauf crise cataclysmique, le mouvement va s’accélérer.

« Big Brother is real ».

Comment l’homme va-t-il réagir face à sa propre œuvre d’interconnexion ? Va-t-il accepter sa perte de liberté individuelle au profit d’un bonheur collectif ? Sa valeur va-t-elle se mesurer en link (unité à créer mesurant le niveau d’interconnexion de la personne), va-t-il recréer des zones artificielles de liberté (bulles de vie) ?

Une réponse possible pourrait passer par l’évolution de l’Education. Il s’agirait d’introduire une nouvelle discipline qui pourrait s’appeler « Gouvernance individuelle et collective », où l’art et la manière de d’être, d’agir en Réseau…

 

Publié dans Innovation | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Inspiration dans l’Aspiration

Toutes nos toilettes « publiques » sont majoritairement équipées de sèche-mains. Soit, cet ustensile fait partie de longue date de ce décor, décor qui passe à ce point inaperçu vu le temps que l’on y passe.
Sa forme a peu varié, sa couleur blanche non plus, peut-être faudrait-il souligner une (modeste) évolution avec la tête soufflante tournante pour se sécher … la tête. En un mot, un produit figé. Mais que fait l’Innovation ?
Je me suis très longtemps demandé comment faire pour le remplacer. Quelle technologie autre que thermique pourrait être employée ? Si l’on se représente le marché mondial de cet ustensile, cela aurait du exciter les imaginations. Et pourtant, il a fallu attendre 2010 pour voir apparaître LE remplaçant:

Simple, efficace, écologique, esthétique, un aspirateur fonctionnant à l’envers et le tour est joué.
Une bien belle performance réalisée par Dyson, le roi de l’aspirateur. Sous l’angle de l’analyse stratégique, cette société a fondé un nouveau DAS sur une base technologique existante. Brillant.
Tous les ingrédients d’une démarche d’innovation en harmonie avec la stratégie de l’entreprise sont présents dans ce produit.
Alors, une double question : quel sera le prochain produit Dyson ? Et qui relèvera ce défi d’un nouveau sèche-mains ?
Allons, lançons quelques idées. Pour Dyson : une hotte aspirante, un sèche cheveux ( ?), un sèche linge, les murs soufflants pour salles propres, … et pour le nouveau sèche-mains : un procédé chimique hydrophobe, un procédé électrostatique, … Et si l’on se lavait les mains sans eau ….
Tous à vos neurones. !

Publié dans Innovation | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Un café !

Servir un café … quoi de plus banal. Toutes sortes de façons existent de nos jours pour boire un café hors de chez soi : du bistrot type parisien jusqu’au Starbucks Coffee taquiné maintenant par Mac Café.
Alors, comment pourrait-on innover dans ce service …
Comme ça :


Mobile, simple, efficace, bio, pas cher : le pouss’café . Je vous laisse apprécier le choix du nom.
Une nouvelle fois, l’imagination n’a pas limite dans les innovations de services et ce que l’on croit immuable … bouge toujours … à un moment.

 

Publié dans Innovation | Marqué avec | Laisser un commentaire

L’Oeuvre du Mouvement

Parution du livre co-écrit avec Christian Gérard : L’Oeuvre du  Mouvement – pour une conscience de la Méthode, avec comme couverture :

Où il est question d’interculturalité, d’alternance en formation, de  récits de vie, de modélisation sur fond de complexité et de Méthode  d’Edgar Morin.

Je vous recommande particulièrement la 3éme partie où les expériences vécues combinant formation et culture sont poignantes.

Il est édité par les Presses  Universitaires de Nancy et ce livre est disponible, entre autres, sur les  sites Amazon, Decitre, Cultura, le Comptoir des Presses de l’Université, Librairie Dialogues, …

Bonne lecture.

Publié dans Complexité | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire

Marketing Experientiel et Réalité Augmentée

Dans le cadre du SIVAL  (Angers 10 au 13 janvier 2011), j’ai eu le plaisir de co-animer une conférence avec Laetitia Miroux, gérante de la société FENOLIA « Les vins du Terroir français », une entreprise spécialisée dans le développement des marchés du grand export, notamment sur le Brésil.

Le thème de la conférence était « Comment enrichir l’expérience vécue de votre acheteur dans le processus d’achat pour augmenter sa valeur perçue sur votre vin ? » avec comme résumé :

Connaitre votre acheteur – qu’il soit professionnel ou particulier – est le facteur clé de succès impératif pour implanter votre gamme de vin sur des nouveaux marchés.
Permettre à votre acheteur d’expérimenter votre produit – lors des phases du processus d’achat développera son imaginaire, ce qui l’amènera à positionner plus facilement votre produit dans son univers… l’acte d’achat en sera simplifié voire raccourci!

Cette co-animation s’inscrit dans l’accompagnement que je mène auprès de Fenolia sur le plan de l’innovation marketing et commerciale pour aider cette entreprise à se différencier.

Pour cela, je m’appuie sur les nouvelles technologies apportées par la RA (Réalité Augmentée) avec comme objectif de réaliser dans le cadre d’un projet innovant multipartenaires une plateforme de démonstration centrée sur le Vin.

Pour ceux qui s’intéresseraient à la RA, je leur recommande de se rendre sur wikipédia ou sur des sites tels que www.t-immersion.com, www.la-realite-augmentee.fr, ….

Publié dans Innovation | Marqué avec | Laisser un commentaire

Développement dur – able …

Michel Serres, invité de France Culture la semaine dernière, a eu ce mot intéressant sur le développement durable en évoquant une certaine perplexité à l’égard de ce concept.

Le dur est-il durable ? En reprenant ses propos, l’eau de la Garonne est toujours de l’eau depuis la nuit des temps et les rochers disparaissent tous les jours laminés par le travail de la mer ou du vent.

Donc, pour lui, ce qui est dur n’est pas durable. Ceci nous éloigne sérieusement de la définition du développement durable : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Pour autant, cette idée de fluidité pourrait être exploitée dans le cadre d’une entreprise en faisant une analogie entre sa capacité à « produire du développement durable » et l’agilité de son organisation. A l’image de la fable du chêne et du roseau, une entreprise se mouvant au rythme de son environnement a plus de chances d’être …. durable.

Publié dans Divers | Laisser un commentaire

Innovation de Service ?

Gare Montparnasse, niveau 1, mezzanine, en direction du métro, samedi 20 novembre, 10 h du matin …. je tombe en arrêt devant « Beauty Bubble » !

 

Beaucoup d’entreprises éprouvent tous les jours ces difficultés d’innover dans les produits et recherchent (désespérément) l’Innovation de service ainsi qu’une méthode infaillible pour y arriver. En voici une (innovation) qui décoiffe (en osant ce jeu de mot). On ne saurait dire si le métier de coiffeur est le plus vieux du monde … mais innover dans ce domaine relève de la grande prouesse.

Et pourtant, il « suffit » d’une structure en forme d’anneau créant une ambiance telle que nous nous croyons, ce court instant, ailleurs, de personnes accueillantes maitrisant leurs métiers, de miroirs et de chaises pour faire nous faire patienter …. avant d’être coiffé.

Bienvenu à ce nouveau concept de « coiffeur express 10 € ».

Proximité du client, fort flux de passage, rapidité, coût réduit, prestations suffisantes (coupe ou brushing), praticité, pas de rendez-vous, paiement en CB, sont les principales composantes de la Valeur de cette innovation.

Fera-t-elle des émules ?

Publié dans Innovation | Marqué avec | Laisser un commentaire

Créativité façon Nespresso …

Le spot publicitaire de Nespresso, particulièrement innovant, mérite que l’on s’y arrête quelques instants.

Que voit-on ? Du café, certes, de célèbres acteurs, de jolies femmes, des lieux plutôt classe et surtout une mise en scène créative, innovante et complexe.

Observons la progression. Au début, tout est simple. GC ( Georges Clooney) se sert un café, tend l’oreille pour entendre une conversation … entre femmes et nous déclame le devenu célébrissime « Nespresso, What else !). Puis, les choses se compliquent un peu plus, des quiproquos s’installent. Clooney n’est plus la pièce maitresse mais devient un « objet » manipulé, etc. …

Plus récemment, le rythme s’accélère, la scène s’ouvre, se déplace à l’extérieur en introduisant un autre lieu mythique : le paradis (pale réplique du paradis terrestre symbolisé par la boutique Nespresso !), un nouveau personnage très connu arrive (Morgan Freeman avait déjà endossé précédemment ce costume blanc) et surtout la mise en place d’une histoire … à tiroir.

Et je pense que c’est ici que se développe la créativité. Le suspens publicitaire devant « surprendre le consommateur » prend une autre tournure et devient une histoire à épisodes. Nous sommes en pleine série américaine avec l’attente du prochain épisode et la créativité devient réellement innovation (au sens succès commercial)

Que devrait-il se passer ? Les scénettes devraient continuer à s’enchainer à l’image d’une chorégraphie. Le piano, le paradis, la machine Nespresso, la voiture, un nom de café discrètement introduit, … vont devenir une histoire complète dans un format temporel contraint (belle prouesse en perspective). Chaque scénette devrait mettre en lumière quelque de spécifique, de nouveau. Un écrin se crée alors naturellement pour mettre en valeur la « chose ». Le téléspectateur attendant fébrilement sa découverte est déjà conquis et sombre voluptueusement dans cet univers luxueux ….

Un petit café !

 

Publié dans Créativité | Marqué avec | Laisser un commentaire

Lean Innovation : Généralités


Le terme de Lean Innovation peut recouvrir plusieurs acceptations : l’Innovation est au service de l’approche Lean pour rechercher des solutions innovantes aux démarches d’Amélioration Continue, de création de valeur, d’élimination des gaspillages, …Ou alors, les méthodes Lean sont appliquées aux processus même de l’Innovation pour la rendre plus performante. Les réflexions qui vont suivre seront plus centrées sur cette deuxième acceptation.

Avant d’aller plus loin, la juxtaposition des mots Lean et Innovation soulève quelques difficultés. Est-il possible d’être « Lean » tout en étant « Créatif » ? Il suffirait pour s’en convaincre de comparer le bureau d’un chercheur à un atelier de production hyper lean … Ou encore, le Lean pourrait convenir à l’innovation dite Incrémentale mais est-il compatible avec une Innovation dite de Rupture ? Nous sommes là très proches d’une injonction paradoxale chère à l’Ecole de Palo Alto et une première voie pour échapper à ce paradoxe serait simplement de dire que le Lean ne s’adapte que partiellement à l’Innovation ou à certains processus de l’Innovation.

Pour structurer notre réflexion, nous allons partir des trois piliers fondamentaux de la démarche Lean, à savoir : « Clients – Processus – Collaboratif », analyser les transpositions dans le domaine de l’Innovation et identifier les méthodologies Lean applicables à l’Innovation.

Pilier « Clients »

L’approche Lean intègre la démarche Qualité consistant à satisfaire les exigences Clients (clients externes et internes à l’entreprise) et la dimension Temps avec des critères de rapidité et de juste à temps. Transposée à l’innovation, nous pourrions parler de rapidité de service, TTM (Time to Market), …

Pilier « Processus »

Toujours dans cette démarche Qualité, l’entreprise est organisée en processus et est engagée dans une logique d’Amélioration Continue en se focalisant sur les flux et les défauts. Coté Innovation, il s’agirait dans un premier temps d’identifier les processus de l’innovation de l’entreprise puis d’agir dessus avec des critères de type productivité des projets innovants, « Just Innovation », …

Pilier « Collaboratif »

Le succès du lean repose très fortement sur la collaboration des … collaborateurs, sur le travail en équipes, dans un environnement rendu propice. Aujourd’hui, l’innovation s’inscrit pleinement dans ces démarches collaboratives (boite à idées 2.0, open innovation, pôles de compétitivité, …) L’enjeu est qu’une majorité d’entreprises s’engage dans cette voie.

A suivre …

Publié dans Innovation | Laisser un commentaire

The Creavitity Crisis

Un récent article de Newsweek (19 juillet 2010) titrait « The Creativity crisis : for the first time, research shows that american creativity is declining. »

Titre percutant si l’on se souvient que d’autres articles de la même revue mentionnaient le caractère (pré)dominant de la créativité américaine sur le reste du monde. Mais ce que retiendrait de cet article est qu’il aborde plusieurs aspects assez étonnants tels que la mesure de la créativité, l’apprentissage de la créativité en mettant à mal quelques croyances.

La Créativité se mesure et a son propre quotient : le CQ (à rajouter au IQ, EQ, ….),  résultat d’un test (90 min de taches distinctes) créé par le professeur E. Paul Torrance. Ces tests menés sur des enfants ont par ailleurs montré une excellente prédictivité  sur leurs performances créatives à l’age adulte. Ce test ayant été réalisé sur plus de 50 ans permet de tracer l’evolution du CQ aux Etats-Unis … d’où le titre de l’article. Plusieurs causes sont évoquées : le sur-temps passé par les enfants devant la télé,  la disparition des « pourquoi », la carence des programmes scolaires dans ce domaine. Au passage, la croyance que l’enseignement des arts à l’école développerait la créativité serait infondée.

La Créativité s’apprend en stimulant alternativement les cotés créatif et rationnel du cerveau. Un programme a été mis en place pour les élèves de l’école primaire niveau CM2 et s’adresse à une petite équipe en charge de résoudre un « problème ». Ce programme est un processus en 5 étapes : « fact-finding » (recherche de données tangibles liées à ce problème), « problem-finding »(anticipation des pièges potentiels), « idea-finding » (recherche d’idées), « solution-finding »(quelles sont les idées les plus « efficaces ») et enfin « plan of action » (passage à la pratique par le biais de maquettes). En utilisant un vocabulaire d’entreprise, nous parlerions d’amélioration continue, innovation incrémentale, résolution de problème, … La cellule familiale a aussi son rôle à jouer et tout ce qui va contribuer à rendre l’enfant « flexible » aura un effet positif sur sa créativité (stimulation de ses aptitudes, lutte contre l’ennui, les épreuves, jeu de rôles, création de mondes imaginaires,  …) Une autre croyance infondée décrivait l’enfant créatif comme déprimé, anxieux, sombre, …

Ce qui est rassurant c’est que la créativité est une fonction basique de notre cerveau. Et que les personnes gérant facilement leur stress, ayant de bonnes relations avec les autres, confiantes, ayant une vision positive de l’avenir sont plus créatives. Donc : « Don’t worry, be creative ! »

Publié dans Créativité | Marqué avec | Laisser un commentaire